Interoception : mieux comprendre les sensations du corps

Respirer, sentir son cœur battre, percevoir la faim, la chaleur, une tension ou un inconfort : notre système nerveux reçoit continuellement des informations provenant de l’intérieur de notre corps.

Cette capacité à percevoir et à interpréter notre état interne porte un nom : l’interoception.

Qu’est-ce que l’interoception?

L’interoception regroupe les processus par lesquels le système nerveux détecte, interprète et intègre les signaux provenant de l’intérieur de l’organisme. Elle participe notamment à la perception de la respiration, du rythme cardiaque, de la faim, de la température, de la douleur et de différents états corporels.

Elle contribue ainsi à cette question très simple en apparence :

« Comment est-ce que je me sens en ce moment? »

Ces perceptions ne sont pas uniquement physiques. Elles participent également à notre expérience émotionnelle et à la façon dont nous interprétons ce qui se passe dans notre corps.

Interoception et perception corporelle

L’interoception se distingue de la proprioception, qui nous renseigne davantage sur la position et le mouvement de notre corps dans l’espace.

Lorsque nous bougeons, respirons ou recevons un contact, ces différentes informations sensorielles sont continuellement intégrées par le système nerveux.

Notre perception du corps résulte donc d’un dialogue constant entre les informations provenant de l’intérieur du corps, celles provenant de nos muscles et de nos articulations et celles que nous recevons de notre environnement.

Le toucher : une expérience sensorielle

Le toucher constitue lui aussi une source importante d’information pour le système nerveux.

Certaines fibres nerveuses de la peau, appelées fibres C-tactiles (CT), sont particulièrement sensibles à un toucher lent et léger. Elles sont étudiées pour leur rôle dans ce qu’on appelle le toucher affectif, c’est-à-dire la dimension agréable et émotionnelle du contact.

Le toucher ne représente donc pas seulement une information mécanique. Selon son contexte, sa vitesse, sa pression et la façon dont il est perçu par la personne, il peut contribuer à une expérience sensorielle plus globale.

Et en ostéopathie?

Une séance d’ostéopathie implique nécessairement le toucher, mais aussi l’attention portée aux sensations et aux changements perçus pendant le traitement.

Certaines recherches s’intéressent aux liens possibles entre thérapie manuelle, toucher, interoception et régulation du système nerveux. Il s’agit toutefois d’un domaine de recherche encore en développement, et les mécanismes impliqués demeurent complexes.

Dans ma pratique, l’interoception est surtout intéressante comme une façon d’aborder la perception corporelle : remarquer une respiration, une tension, une sensation de mouvement ou simplement observer comment une région du corps est ressentie.

Cette attention portée aux sensations peut également accompagner le travail en mouvement et en Pilates.

Prendre le temps de ressentir

Nous sommes souvent très attentifs à ce que notre corps fait : marcher, travailler, s’entraîner, accomplir une tâche.

L’interoception nous invite plutôt à porter attention à ce que notre corps nous fait ressentir.

Il ne s’agit pas nécessairement de chercher à modifier ces sensations, mais d’abord de les observer et de développer une perception plus fine de ce qui se passe dans le corps.

Pour aller plus loin — quelques articles scientifiques

  • Sensitization and Interoception as Key Neurological Concepts in Osteopathy and Other Manual Medicines
  • The off-line effect of affective touch on multisensory integration and tactile perceptual accuracy during the somatic signal detection task
  • The effect of osteopathic manipulative treatment on quality of life in patients with cardiac implantable electronic devices
  • The role of touch in osteopathic practice: A narrative review and integrative hypothesis

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