NKT et contrôle moteur : une formation autour du mouvement
Il y a quelques années, j’ai participé à une formation en NeuroKinetic Therapy (NKT), entourée de professionnels provenant de différents horizons : physiothérapie, chiropratique, massothérapie, entraînement et Pilates.
Cette formation m’avait particulièrement intéressée parce qu’elle abordait une question qui demeure centrale dans ma pratique aujourd’hui : comment notre système nerveux organise-t-il le mouvement?
Qu’est-ce que le contrôle moteur?
Le contrôle moteur désigne l’ensemble des processus par lesquels le système nerveux organise et adapte nos mouvements.
Lorsque nous apprenons un geste — marcher, courir, saisir un objet ou réaliser un exercice — notre système nerveux utilise les informations provenant de nos muscles, de nos articulations, de notre vision et de notre environnement pour coordonner le mouvement.
Avec l’expérience, certaines stratégies deviennent très familières et demandent moins d’attention. Mais elles ne sont pas figées : notre façon de bouger peut continuellement s’adapter en fonction de la tâche, de la fatigue, d’une blessure, de la douleur ou simplement de l’apprentissage.
Ce que proposait le NKT
Le NeuroKinetic Therapy propose notamment l’utilisation de tests musculaires afin d’identifier des relations entre différents muscles et de choisir ensuite certains exercices correctifs.
Lors de ma formation, cette approche était présentée comme une façon d’identifier des « patrons de mouvement défectueux » enregistrés par le système nerveux et de les « reprogrammer ».
Avec l’évolution des connaissances sur le contrôle moteur et la douleur, je considère aujourd’hui cette explication avec davantage de nuance.
Le mouvement humain est beaucoup plus complexe qu’une succession de muscles qui seraient correctement ou incorrectement activés. Il existe souvent plusieurs stratégies efficaces pour réaliser un même mouvement, et les tests musculaires manuels ne permettent pas à eux seuls de déterminer précisément comment le cerveau organise un geste.
Ce que j’en retiens aujourd’hui
Cette formation a néanmoins contribué à développer une façon d’observer le mouvement qui demeure présente dans ma pratique.
Plutôt que de chercher le « mauvais muscle » ou le « mauvais », je m’intéresse davantage à la façon dont une personne réalise un mouvement : quelles stratégies utilise-t-elle? Qu’est-ce qui est confortable? Qu’est-ce qui l’est moins? Et que se passe-t-il lorsqu’on lui propose une autre possibilité?
C’est aussi l’un des liens que je retrouve entre ostéopathie et Pilates : utiliser le toucher, l’observation et le mouvement pour explorer différentes stratégies.
Notre système nerveux possède une remarquable capacité d’apprentissage et d’adaptation. L’objectif n’est donc pas nécessairement de trouver la bonne façon de bouger, mais d’avoir suffisamment d’options pour s’adapter aux différentes situations.
